Dans les hortillonnages, les maraîchers racontaient que la pelle à écoper était « le seul outil qu’on ne devait jamais oublier ».
Pourquoi ? Parce que les barques, très basses sur l’eau, prenaient facilement l’humidité ou les petites vagues.
Une barque sans pelle à écoper pouvait devenir inutilisable en quelques minutes, surtout chargée de légumes ou de matériel.
« Celui qui oublie la pelle rentre à la nage. »

Dans une cave inondée, cette pelle à écoper procure un vrai soulagement.
Grâce à son manche télescopique pour rester debout, elle assure la tâche avec son bac à bascule qui ne renverse rien.
Cet objet culte retire l’eau sans épuiser ceux qui luttent déjà contre les catastrophes naturelles.
À chaque geste, elle rendra la situation un peu moins lourde.

Être à bonne « écope »
Dans certaines régions fluviales, posséder une pelle à écoper bien usée était presque un signe de métier.
Les anciens plaisantaient en disant qu’on reconnaissait un bon batelier à la façon dont il écopait : le geste rapide, précis, sans éclabousser, et surtout sans perdre l’équilibre dans la barque.
Ce geste transmis de génération en génération, faisait partie de la culture locale autant que l’outil lui-même.

